En juin 2022, pour la première fois, un roi traditionnel tshokwe est venu en Belgique.
Mwene Mwatshisenge et sa délégation ont été invités par le Musée royal de l'Afrique centrale et par Mémoires du Congo. La semaine s'est achevée à Tervuren par un Mukanda international : une dizaine de Belges — membres de Mémoires du Congo, responsables et conservateurs du musée, connaisseurs de la relation entre la Belgique et les Tshokwe — ont été initiés et ont reçu un nom tshokwe.
Le roi n'est pas venu en visiteur. Il est venu avec une demande précise.
Les œuvres tshokwe conservées à Tervuren sont parmi les plus belles au monde. Certains des savoir-faire qui les ont produites se sont perdus. Le roi est venu proposer une co-gérance : travailler ensemble à la conservation de ces œuvres, retrouver les techniques anciennes à partir des pièces conservées, et organiser un échange dans les deux sens — du Nord vers le Sud et du Sud vers le Nord.
Un protocole d'entente et de collaboration a été signé entre le Musée royal de l'Afrique centrale d'une part, la Mutuelle Tshokwe et le pouvoir coutumier tshokwe d'autre part.
Cinq chantiers en sont sortis :
● une exposition commune retraçant l'évolution du village tshokwe, de son passé à aujourd'hui ;
● l'enrichissement des collections du musée par de nouvelles œuvres et de nouveaux objets de la vie sociale contemporaine ;
● la valorisation de l'architecture tshokwe, de ses toitures et des messages cachés dans les murs construits par les femmes ;
● une forêt sacrée et un projet de phytothérapie, face à la raréfaction des plantes médicinales ;
● l'Academy Mwana Pwo.
« La fin de cette initiation culturelle en lance une autre, celle du "vivre ensemble", pour mieux se comprendre et participer à l'avènement d'un monde nouveau, plus juste, plus accueillant et solidaire pour tous. »
Mwene Mwatshisenge, Bruxelles, juin 2022



