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Le Roi des Tshokwe
MWENE MWATSHISENGE LWEMBE NGWEJI MUSANYA III VALENTIN, roi des tshokwe.

Mwene

Le mot Mwene signifie être suprême. C'est ainsi qu'on nomme couramment le grand chef des Tshokwe.

La dynastie remonte à deux grands guerriers, Mwandhumba et Mwakanyika, empereurs fondateurs, dont descend la lignée des Mwatshisenge. Le Peuple tshokwe est organisé en chefferies structurées autour de la famille royale.

Les insignes du pouvoir

Chaque objet porté par le Mwene dit quelque chose de sa charge.

Le Lukhano — le bracelet royal. Il en est le détenteur ; il est le signe même de la souveraineté.

Le Nayitala — l'épée royale à double tranchant. Il est le seul à la porter. Elle est le symbole de la justice suprême.

Le Tshibangula — la couronne, surmontée des plumes rouges du kalongo, le perroquet. Elles disent le chef guerrier, combattant, vainqueur.

Les peaux du léopard et du lion, sur lesquelles il pose les pieds — la férocité et la puissance.

Le Tshipoyi — la célèbre chaise à porteurs des souverains tshokwe.

Le Mufuka — le chasse-mouches en poils de tengu, une antilope, que le Mwene agite lorsqu'il est porté dans le tshipoyi. Un chant lui est consacré.

Des chants lui sont réservés, qu'on ne danse pas : le Kulenga tsha Mwata, chant de louange qui décrit les qualités du chef et les insignes de sa dignité. Ils s'exécutent avec battements de mains, sans accompagnement musical.

Un roi qui a franchi la mer

En juin 2022, Mwene Mwatshisenge est venu en Belgique. C'était la première fois qu'un roi traditionnel tshokwe faisait ce voyage.

Il n'est pas venu en visiteur. Il est venu proposer au Musée royal de l'Afrique centrale une co-gérance des œuvres tshokwe : conserver ensemble, retrouver les savoir-faire perdus à partir des pièces conservées, échanger dans les deux sens. Un protocole d'entente a été signé.

Le message d'union du Roi — avril 2025

Le 18 avril 2025, à l'ouverture du MusAfrica, Mwene Mwatshisenge prend la parole devant les autorités belges et congolaises réunies.

Il rappelle d'abord l'appel qu'il avait lancé en juin 2022, lors de sa première visite royale : construire un avenir pacifique fondé sur l'entente et les échanges culturels, le dialogue des peuples, et la reconnaissance de la beauté des œuvres communes. Puis il salue la manière dont le musée a travaillé :

« Vous avez préféré construire, là où tant d'autres veulent déconstruire. Vous avez préféré dialoguer, là où tant d'autres imposent. »

Il rappelle, après Frère Joseph Cornet, que les œuvres traditionnelles d'Afrique portent les clés de la beauté, de la spiritualité et des fondements de l'humanité — et qu'elles ont nourri les génies de l'art européen, Picasso, Modigliani, Matisse, en leur offrant l'éveil nécessaire pour sortir des carcans académiques.

De là, sa définition du musée :

« Il n'est pas une salle d'exposition mais un terrain de dialogue, de cocréation, de transmission. »

Puis il énonce ce que les Tshokwe apportent — et c'est là que tout se joue :

« Nous sommes porteurs d'un héritage immense : des masques aux significations initiatiques, des objets sacrés aux fonctions sociales précises, des récits ancestraux qui fondent notre humanité. Mais nous sommes aussi porteurs de l'avenir : des artistes contemporains tshokwe refusant l'uniformité académique, des jeunes conservateurs formés à la sauvegarde de notre mémoire, une diaspora active, mobilisée, prête à dialoguer avec le monde. »

Et il conclut sur une phrase qui définit toute la démarche de Mutambi :

« Nous n'avons qu'une seule voie possible : avancer ensemble, avec dignité, sans complexe, sans culpabilité, mais avec mémoire et espoir. »

Le Roi prend enfin trois engagements au nom du peuple tshokwe, avec le Musée africain de Namur : réhabiliter les chefs-d'œuvre anciens, valoriser les artistes communautaires actuels, partager les symboles et les forces spirituelles de la culture tshokwe.

Cinq jours plus tard, le 23 avril, s'adressant aux Tshokwe belges, il ajoute ce qui fonde l'appartenance :

« La fraternité tshokwe ne connaît ni frontières, ni couleurs de peau, ni origines sociales. »

« Fortifier la chaîne de la fraternité tshokwe, non par le sang, mais par la volonté. »

Discours du 18 avril 2025 publié dans Mémoires du Congo, du Rwanda et du Burundi, n°73, juin 2025. Reproduit avec l'aimable autorisation de l'association.

Le mandat de Mutambi

Mutambi Arts & Culture agit en Europe sous le mandat de Mwene Mwatshisenge, représenté par la Princesse Nancy Kandala Matshiza, de la lignée Usenge.

La cour tshokwe est représentée en Belgique par Tshakala — Thierry Claeys Bouuaert — notable du peuple tshokwe, initié à Tervuren en 2022 et nommé à Itengo en 2023.

La Princesse Nancy Kandala Matshiza, de la lignée Usenge et cousine de Mwene Mwatshisenge, en est la représentante personnelle.

Ils travaillent conjointement sur l'ensemble des dossiers tshokwe en Europe.
Notre Mission
« La fin de cette initiation culturelle en lance une autre, celle du "vivre ensemble", pour mieux se comprendre et participer à l'avènement d'un monde nouveau, plus juste, plus accueillant et solidaire pour tous. »
 Mwene Mwatshisenge, Bruxelles, juin 2022

Katshokwe laula, laula, laula! Bwa!

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